Biographie
Rémy Mathieu par Alban Chassagne
Une formation technique
C’est après une formation technique dans le domaine industriel que j’entame le cursus de l’Ecole Nationale de la photographie d’Arles dont je suis diplômé en 1988. Curieux, avide aussi bien de théorie, d’histoire que de pratique, j’y découvre notamment les photographes de la « Nouvelle Objectivité », Albert Renger Patzsch, Werner Mantz mais aussi les expérimentateurs des années ’30 comme László Moholy-Nagy ou François Kollar. J’y développe également un intérêt pour la photographie d’architecture qui me conduit à être le premier lauréat du prix Broncolor/ENP en 1989.
De l’architecture
Ce penchant pour la photographie d’architecture m’amènera vers les sites industriels – Usine d’incinération de Lyon 1989, Port de commerce de Sète 1990, Mines de potasse d’Alsace 1992, Gares SNCF de la vallée de l’Arve, 1993-94 – en faisant référence au travail de Bernd et Hilla Becher par son aspect sériel, à celui de Werner Mantz par sa frontalité, mais aussi en s’appuyant sur les réflexions de Hubert Damish5 dans son ouvrage L’origine de la perspective.
De l’inspiration
Puis je m’interroge sur la notion de couleur. Inspiré par les écrits de László Moholy-Nagy dans Peinture photographie film, et par le cinéma de Krzysztof Kieslowski, notamment la trilogie Trois couleurs, j’explore ce champ en utilisant les techniques du photogramme et du rayogramme, entre autres – Trois couleurs 1999-2000.
Des perspectives miniatures
Au tournant des années 2000, je poursuis mes investigations avec le négatif papier et le noircissement direct, techniques ancestrales, comme le papier salé – Images élémentaires 2000. Ainsi nait le projet Perspectives miniatures constitué de 5 séries, comme 5 propositions d’approche formelle de la perspective en utilisant le noircissement direct, négatif ou positif. Ce projet est suivi des Perspectives majuscules, constitué de 5 séries, comme 5 propositions d’approche liées au sujet mis en perspective en utilisant le négatif papier pour son esthétique particulière. Ces deux projets ont été présentés dans plusieurs lieux en France en 2003-04.
Revenant à une photographie d’architecture plus urbaine, je décide de faire fi des règles et dogmes que je m’étais imposé (frontalité, contrôle de la perspective) pour adopter une vision plus libre bien que toujours très rigoureuse. Ainsi le regard s’élève, et la géométrie des bâtiments s’en trouve bouleversée – Architectures en pointe 2002-04.
La photographie est une mission
Après une période de profonde réflexion sur ma pratique photographique et poussé par des préoccupations environnementales, j’entreprends le projet de paysages fictionnels où les grandes autoroutes de l’énergie électrique ne sont plus, où les pylônes sont déconnectés, esseulés dans le paysage, comme des géants inutiles, comme des sculptures monumentales perdues. Ce travail typologique, « becherien », issu d’un protocole strict, tant au niveau de la prise de vue que du traitement, en faisant référence aux travaux de la mission photographique de la DATAR.
Parallèlement à ce travail de création et à ma mission d’enseignant en photographie, je suis engagé depuis plus de 30 ans dans le champ culturel en dirigeant la galerie Vrais Rêves de Lyon, en produisant et diffusant les travaux d’artistes comme Duane Michals, Keiichi Tahara, Vasco Ascolini, Toni Catany, et d’autres artistes émergents. Je propose une politique artistique tournée vers la photographie plasticienne, liée au médium. J’ai également initié une politique d’édition et m’apprête à mettre en place une série de conférence sur différents aspects de la photographie.
principales expositions personnelles
– 2023 : 15° Rencontres Photographiques de la Ferme de Bressieux, Bassens, Invité d’honneur.
– 2020 : École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques, Villeurbanne.
– 2007 : Galerie Geneviève Mathieu, Lyon.
– 2004 : Galerie Geneviève Mathieu, Lyon.
– 2003 : Quinzaine de la photographie, Nantes.
– 1989 : Cecil Community College, Maryland, USA.
– 1988 : Ecole des beaux-arts, Montpellier.
– 1986 : Galerie Vrais Rêves, Lyon.
– 1983 : La Bouquinerie, Roanne.
– 1982 : Institut National des Sciences Appliquées, Villeurbanne.
principales expositions collectives
– 2012 : Université Claude Bernard, Lyon 1.
– 2001 : Galerie Geneviève Mathieu, Lyon.
– 1990 : Maison de l’automobiliste, Moscou. – 1989 : La Comédie de Caen (CND).
– 1989 : Maison Municipale des Jeunes, La Rochelle.
– 1989 : Espace Saint Cyprien, Toulouse.
– 1989 : Centre Culturel Français de Berlin.
– 1988 : Villa du Parc, Annemasse.
– 1988 : Le Grand Angle, Voiron.
– 1988 : Rencontres Internationales de la photographie, Arles.
– 1987 : Galerie Chrismarte, Arles.
– 1986 : Galerie Vrais Rêves, Lyon.
repères bibliographiques
– 2012 : « La photographie saisie par le texte », Robert Pujade, Université Claude Bernard, Lyon.
– 2003 : Revue « Image »
– 2002 : « Architectures en pointe », livre d’artiste.
– 1995 : « Catalogue général », édition Galerie Vrais Rêves, Lyon.
– 1988 : « Le voir en liberté », édition Galerie Vrais Rêves, Lyon.
– 1988 : « Un enfer en Arles », édition ENP / Rencontres d’Arles.
collections
– Bibliothèque Nationale de France, Bibliothèques Municipales de Lyon et de Langres. – Les Rencontres de la Photographie, Arles.
– Collections permanentes des galeries Vrais Rêves et Geneviève Mathieu, Lyon.
– Collections particulières